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Un nouvel exploit pour Le Gang des Lyonnaises !

Un nouvel exploit pour Le Gang des Lyonnaises !

Publié le 23/01/2017

Après avoir remporté haut la main le Raid des Amazones en 2015 à Bali avec leur collègue Marjolaine, les Lyonnaises Astrid et Alexandra se sont une nouvelle fois dépassées du 7 au 13 novembre 2016 en décrochant la deuxième place du podium au Raid La Saharienne, qui s’est déroulé dans le sud de l’Equateur. C’est avec une immense joie qu’elles nous ont à nouveau annoncé cette belle performance. Ces policières de métier se sont entraînées pendant des semaines, avec, notamment, le soutien et le coaching des équipes du Grand Parc. Fiers de leur réussite et d’avoir contribué à ce succès, nous partageons ici avec vous leurs impressions et anecdotes sur cette formidable aventure.

Photos du Raid des Amazones Saharienne 2016 Photos du Raid des Amazones Saharienne 2016 Photos du Raid des Amazones Saharienne 2016 Photos du Raid des Amazones Saharienne 2016 Photos du Raid des Amazones Saharienne 2016

Interview du Gang des Lyonnaises

Grand Parc Miribel Jonage : Premières l’année dernière, cette année deuxième place, tout d’abord toutes nos félicitations. Avez-vous atteint l’objectif que vous vous étiez fixé cette année ?
Le Gang des Lyonnaises : Malgré une petite déception à chaud, nous estimons avoir rempli tous les objectifs fixés. En effet, nous avons passé toute la compétition en tête du classement, mais la 1ère place nous a échappée pour seulement 2 minuscules minutes sur la totalité des épreuves. Cependant initialement, nos objectifs étaient de donner le meilleur de nous-même, de faire un podium afin de rapporter la dotation de 1000 € à notre association Orphéopolis, surtout de prendre du plaisir et de revenir en France avec plein de souvenirs inoubliables. Alors OUI, objectifs atteints !

G.P.M.J. : Ce sont en tout 6 jours d’épreuve que vous avez vécus. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet, les difficultés que vous avez pu rencontrer, comment vous avez pu les surmonter ?
L.G.L. : Le 1er jour, nous avons couru un trail de 16 km avec du dénivelé. Le parcours se trouvait assez haut puisque nous partions de 2 200 m d’altitude et montions à 2 600 m. Il a fallu gérer ce facteur qui nous était jusqu’alors inconnu : le souffle n’est pas le même, il faut d’adapter, marcher plus en montée afin de mieux retrouver son souffle et repartir plus aisément sur des parties roulantes.

Le 2ème jour était une super épreuve de run and bike de 19 km. L’épreuve était difficile mais notre gestion des relais et notre complicité ont rendu cette épreuve inoubliable. Nous nous sommes vraiment surpassées, mais ça a payé ! Parties en contre-la-montre et en dernière position (puisque nous étions en tête), nous avons remonté TOUTES les équipes et avons franchi l’arche les premières !

Le 3ème jour était moins dur physiquement mais il fallait mettre en route les méninges : un city raid dans la ville nous permettait de découvrir la population leur culture et leurs bâtiments pendant 5 heures. Nous devions répondre à un questionnaire en nous rendant à différents endroits et en prenant contact avec certains habitants. Nous pouvions même solliciter les enfants d’une école. Nous avons fait « alliance » avec une autre équipe, cela nous a permis à la fois de découvrir la ville mais aussi de partager l’expérience avec d’autres filles et de passer un agréable moment. Ce jour-là, nous avions aussi une épreuve de descente en rappel. Il fallait descendre la tour de 35 mètres de la place du village. Pour Astrid ce fut une épreuve horrible pendant laquelle beaucoup de larmes ont coulé. Jamais elle n’aurait pensé pouvoir le faire… C’est aussi ça la magie des Raids : faire ce qui nous paraissait impossible !

Le 4ème jour était une très grosse journée. Le matin, après deux heures de route, trail très court de 4km avant de sauter dans nos canoës et de descendre un Rio sur 8 km. Après avoir couru les 4 km à fond, nous sommes montées dans nos embarcations (bien moins confortables que celles de l’Atol’ !) et sommes parties à la découverte de cette rivière et de ces nombreux rapides. Le courant était bien différent de celui du Grand Parc, nous appréhendions un peu. Mais nous sommes restées concentrées, nous nous sommes efforcées de bien communiquer sur le canoë et avons gardé en tête tous les conseils donnés par Abel (moniteur au Grand Parc) lors de nos séances d’entraînements. Cela a payé car nous sommes l’une des rares équipes à ne pas s'être retournée et avons terminé 2ème au classement ! Le soir, nous avions une seconde épreuve : un trail nocturne de 14 km dans la forêt humide et épaisse. Un autre super moment sportif ! Nous avons géré la course avec beaucoup d’intelligence afin de s’assurer la première place sans se blesser, à cause du manque de lumière et des chemins très abîmés, et sans s’épuiser complètement, la fatigue commençant à se faire sentir au bout de 4 jours ! L’épreuve fut belle, la frontale nous laissait entrevoir le paysage, et nous étions encouragées par les bruits des insectes et des animaux. Tout cela était assez motivant pour nous aider à accrocher une belle première place !

Le 5ème jour était ludique et sportif à la fois. Hébergées sur un camp militaire, nous avons eu l’honneur de nous tester sur leur parcours du combattant (sacré parcours : aussi dur que long). Nous l’avons réalisé l’une à côté de l’autre avec UN objectif important : assurer un bon temps mais ne pas se blesser. Objectif rempli. Ensuite, place à une épreuve de VTT Trial où il fallait faire preuve d’équilibre. Un moment sympa, et une nouvelle épreuve que nous avons bien su gérer. Enfin, nous avons terminé par une épreuve de course d’orientation. Épreuve que nous avons malheureusement totalement loupée et que nous payerons cher car elle réduira considérablement l’écart avec la deuxième équipe. Nous n’avons pas été ridicules, mais pas brillantes non plus. Par contre, nos concurrentes directes pour le podium ont, elles, vraiment assurées.

Enfin, le 6ème jour était un enchaînement de 8 km de run and bike au profil totalement montant puis un "trail" de 4 km : une montée de 2km et 700 D+ dans la boue afin d’accéder au point culminant à 3500 m d’altitude puis la redescente sur ce même sentier. Un parcours plus qu’éprouvant où le physique a beaucoup souffert et où nous avons tenu mentalement (Alex, malade depuis la veille au soir, a donné tout ce qu’elle pouvait). A bout de force, exténuées nous avons passé la ligne d’arrivée finale en 4ème position. Fières d’être arrivées à bout de cette épreuve dans ces conditions mais un peu déçues aussi car ça n’était pas suffisant. Nous perdions cette première place au général pour deux petites minutes. Le soir, notre place de deuxième fut officialisée lors d’une cérémonie de clôture.

G.P.M.J. : Fortes de l’expérience de l’année passée, vous avez redoublé d’efforts et continué vos entraînements au Grand Parc ? Comment avez-vous abordé ces entraînements cette fois-ci ? Pourriez-vous revenir sur ce que nos équipes ont pu vous apporter sur certaines disciplines ?
L.G.L. : Côté canoë, il a fallu tout revoir : nous passions d’un canoë à trois places avec pagaies simples à deux places avec pagaies doubles. Nous avions les bases et le physique, Abel a beaucoup insisté sur la technique et la coordination. Il nous a fait travailler les changements de direction à l’aide du slalom situé sur le lac. Durant l’épreuve nous ne cessions de nous répéter dans nos têtes ses conseils (se gainer, pousser sur les cuisses, aller chercher devant...). Ces entraînements réguliers et cadrés nous ont permis de faire la différence avec beaucoup de filles qui avaient une expérience loisir de la descente de rivière mais sans conseil technique. Le canoë est vraiment LA discipline dans laquelle l’équipe est mise en difficulté. Il faut vraiment s’entendre, beaucoup communiquer, faire confiance en la coéquipière arrière qui doit gérer la direction et garder son sang-froid. Pour nous ce fut une réussite complète mais beaucoup d’équipes se sont déchirées sur cette épreuve par manque de solidarité dans le duo. Concernant le tir à l’arc ; les cours de Yann et nos séances individuelles nous ont permis de nous améliorer cette année. Malheureusement, un problème d’acheminement des containers avec les arcs a obligé les organisateurs à annuler l’épreuve. Cependant ces cours n’ont pas été inutiles : outre le plaisir que nous avons pris dans cette discipline, cela nous a aussi fait travailler le sang-froid et la concentration.

G.P.M.J. : Pourriez-vous partager avec nous quelques tranches de vie de votre voyage ?
L.G.L. : Cette année, il s’agissait d’un vrai Raid, au-delà des épreuves ! Le bivouac était prévu dans un camp militaire. Les tentes se sont envolées juste avant notre arrivée. Nous avons donc toutes pris nos matelas et nous sommes installées par terre dans deux grands "hangars". A 50 filles par local, il fallait s’organiser : chaque équipe avait un espace de 4,5 m². Mais c’était finalement super car cela nous a permis de vivre de bons moments et plusieurs fous rire avec les autres filles ! Tout était organisé autour de ce dortoir, dans le camp : réveil aux aurores par les chants des militaires ! Après les matinées d’épreuves, les après-midi étaient bien pleines : douches froides communes (quand il y avait de l’eau !), lessives (avec l’eau du robinet qui semblait encore plus sale que nos habits), préparation des affaires pour le lendemain, un peu de repos (pendant lequel nous en profitions pour nous étirer et faire des séances d’électro-stimulation grâce à un partenaire qui nous a mis un appareil à disposition, très utile pour notre récup !), puis le briefing de 18h30 arrivait vite. Nous avions aussi le droit à un interview dans la TV-LIVE du raid qui questionnait chaque jour les 3 premières des épreuves, de quoi se prendre quelques minutes pour des stars ! Nos journées étaient aussi agrémentées de moments d’émotions à la lecture des nombreux messages d’encouragements que nous recevions de nos proches, amis et partenaires. Nous sommes allées également une après-midi dans une école locale. Les enfants nous ont occupées avec 3 ateliers : cuisine (préparations d’empanadas), art plastique et jardinage. Nous avons toutes planté un arbre afin de participer à la lutte contre la déforestation.

G.P.M.J. : Au-delà de cette formidable expérience sportive, que retiendrez-vous de cette nouvelle aventure ?
L.G.L. : Nous partons sur des Raids pour le côté sportif, mais l’expérience humaine prend finalement toujours le dessus. Nous vivons des moments exceptionnels à l’autre bout du monde. Nous avons été reçues par une population généreuse et accueillante et avons découvert un pays riche d’une grande bio-diversité (des sommets des Andes à la forêt Amazonienne), mais aussi une population plus pauvre que chez nous qui nous fait relativiser et nous fait prendre conscience de la chance que nous avons dans nos vies respectives. Nous avons rencontré d’autres filles de milieux différents, de la femme médecin, à l’actrice en passant par la sportive olympique à la mère au foyer qui gère en même temps le sport et 5 enfants ! Ces rencontres nous enrichissent toujours. Nous retiendrons aussi la générosité de tous ceux qui nous ont suivi. De nos partenaires qui nous ont fait confiance, qui nous ont aidés financièrement ou matériellement, de nos proches, amis et collègues qui nous ont soutenues durant toute notre préparation, qui ont vécu pendant 6 jours cette aventure avec autant d’enthousiasme que nous et qui nous ont portées par leurs encouragements ! Enfin notre amitié était belle et forte, mais cette épreuve l’a renforcé encore plus. Nous avons la chance de partager des moments exceptionnels toutes les deux et nous souhaitons à toutes de vivre cela un jour. C’est grandies à tout niveau que nous revenons d’une telle aventure !

G.P.M.J. : En participant à ce défi sportif, vous souteniez cette année encore l’association Orphéopolis. Que permettent vos dons à l’association ? Est-ce qu’ils ont pu faire des avancées particulières dans leurs projets ?
L.G.L. : Cette année nous avons gagné une dotation de 1000 € pour l’association que nous représentions. Nous avions aussi organisé une soirée zumba pour récolter des fonds et nous avons reçu quelques dons isolés à leur intention. Nous sommes donc ravies de leur avoir apporté cela et d’avoir fait connaître encore un peu plus cette association. Ces dons permettront d’aider un peu plus les enfants de nos collègues policiers malheureusement décédés (trop tôt) aussi bien d’une maladie que d’un accident au travail ou d’un suicide. Orphéopolis vient en aide à leur famille en soutenant financièrement (bourses, aides financières pour des voyages culturels ou sportifs...) et matériellement (mise à disposition d’ordinateur pour les jeunes lors de leurs études...) les enfants, en les accompagnant dans tous les moments important de la vie (passage du permis), en les soutenant aussi psychologiquement (psychologues, rencontres avec d’autres enfants en deuil...). Ils ont aussi créé trois centres d’accueil hébergeant provisoirement ou sur le plus long terme les enfants, lorsque les deux parents sont décédés ou lorsque le « restant » a besoin d’une aide provisoire dans la nouvelle organisation de sa vie familiale. L’ensemble des dons sont donc mis à contribution pour aider les enfants de nos collègues à grandir et s’épanouir au mieux malgré l’absence d’un parent.

Propos recueillis par Thibault Thomas

Plus d'infos sur le Gang des Lyonnaises

Le parcours du Gang des Lyonnaises

legangdeslyonnaises.e-monsite.com

Page Facebook du Gang des Lyonnaises

facebook.com/Legangdeslyonnaises

L'Association Orphéopolis

www.orpheopolis.fr

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